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Simplon, fabrique sociale de codeurs au sein de la Grande Ecole du Numérique

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illustration de l'actualité : Promo Simplon

Lancée officiellement le 17 septembre à l'Élysée par le Président de la République, la Grande École du Numérique s’est concrétisée le 19 octobre dernier avec la labellisation de 171 formations, dispensées dans 130 fabriques du numérique réparties sur l'ensemble du territoire français.  

Parmi ces fabriques, Simplon, entreprise sociale et solidaire, propose depuis 3 ans déjà des formations gratuites au code pour des personnes éloignées de l’emploi, et milite plus largement pour une réappropriation des technologies numériques par les citoyens. Entretien avec Frédéric Bardeau co-fondateur de Simplon et co-auteur avec Nicolas Danet du livre « Lire, écrire, compter, coder » 

Les formations de Simplon ont été labellisées dans le cadre de la Grande Ecole du Numérique, ce qui valide en quelque sorte leur utilité publique, mais Simplon est dès sa création très axé sur l’inclusion numérique. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

Oui, je précise tout de suite que nous ne sommes ni les seuls, ni les premiers. Il existe de nombreuses écoles de code et plusieurs d’entre elles ont pour motivation de faciliter l’accès aux technologies numériques des publics qui en sont le plus éloignés. De plus, parmi les formations labellisées dans la GEN, certaines sont plus spécifiquement dirigées vers la médiation numérique1.
Simplon est né il y a trois ans autour d’un double constat. Il y a en France un fort besoin de développeurs et également beaucoup de chômeurs et de décrocheurs. Face à ce constat, la naissance de Simplon a pour origine l’ambition de prendre des chômeurs ou des décrocheurs et d’en faire des développeurs.
Notre approche pédagogique est inspirée des bootcamps américains, ces formations intensives créées pour répondre au besoin en développeurs des entreprises, qui permettent d’apprendre à coder en quelques mois. Ces formations avec débouchés assurés coûtent entre 10 000 et 20 000 dollars.
Si nous avons repris la méthode d’apprentissage, nous avons changé la philosophie et le modèle économique car nos formations sont gratuites et réservées à des chômeurs, des personnes sans diplôme, souvent éloignées de l’emploi. Il y a donc un système de tiers payant avec financement mixte (fonds publics, mécénat, vente de prestation).

Depuis l’idée initiale il y a trois ans, comment Simplon s’est créé puis développé ?

En février 2013, d’anciens étudiants que j’ai eu en cours au Celsa viennent me voir avec cette idée. Depuis, j’ai été littéralement absorbé par le projet ! Nous nous sommes interrogés sur le statut à donner à la structure et avons opté pour une sorte de Start Up de l’ESS. Nous sommes une SAS (Société par actions simplifiées) avec un agrément ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale). L’entreprise a été créée en avril 2013 et la première promotion a débuté en octobre 2013. Tout s’est fait très vite. La première duplication d’école Simplon a eu lieu en janvier 2014.
Depuis, nous avons plus de 300 élèves formés et 15 écoles ouvertes (12 en France et 3 à l’étranger).

Que deviennent les Simploniens ?

Le taux d’insertion professionnelle des Simploniens à 3 mois est de 80%. Après 6 mois de formation, ils travaillent principalement dans des TPE, des PME, chez des acteurs de l’économie sociale et solidaire et dans des Start Up. Nous ne formons pas des experts développeurs qui pourraient être embauchés directement par les plus gros acteurs comme Google ou Capgémini... Nous formons plutôt des sortes de « couteaux suisses » en gestion de projets numériques, des gens capables de développer des sites ou des applications, avec une culture générale numérique et des méthodes qui leur permettent de prétendre à d’autres postes.
En effet, 15% des Simploniens deviennent des acteurs de la médiation numérique : ils travaillent dans l’éducation populaire, dans des EPN, comme Fablab managers ou au sein d’associations comme les Petits Débrouillards par exemple. Ils retrouvent alors des situations connues car dans la pédagogie Simplon, nous demandons à nos élèves de transmettre, en donnant des cours de codes à des chômeurs ou à des enfants par exemple.

Au delà de ses formations qualifiantes, Simplon participe plus largement à la découverte du code par le grand public. Pourquoi ?

Pour nous Simplon est plus qu’une école de code. Mieux connaître les technologies et avoir un rapport critique à elles, développer une culture de la prise en main pour aller au delà de l’usage en permettant une réelle appropriation… La découverte du code dépasse le cadre des débouchés professionnels.
Comme nous l’expliquons, avec Nicolas Danet dans le livre « Lire, écrire, compter, coder », il est important d’augmenter le pouvoir d’agir des citoyens dans le domaine du numérique. Pour nous le code doit faire partie de la culture générale du citoyen.
Nous commençons souvent nos interventions avec cette question : qui est le plus intelligent entre l’homme et l’ordinateur. Très souvent, trop souvent, on nous répond que c’est l’ordinateur ce qui est archi faux ! Il y a donc beaucoup de travail pour que le citoyen se sente en capacité de reprendre le pouvoir sur la technologie. A notre niveau nous essayons de porter notre pierre à cet édifice et en cela nous nous sentons partenaires du réseau des acteurs de la médiation numérique.

 

1. Les formations plus spécifiquement orientées médiation numérique au sein de la GEN  sont notamment :
- Conseiller et assistant TIC (CATIC) délivré par Avenir 84 en Avignon, et MODE à Draguignan
- Concierge numérique, Les petits débrouillards à Metz
- Forgeur numérique délivré par Les petits débrouillards à Thionville et R2K à Paris
- Médiateur numérique délivré par l’Ecole Centrale de Marseille 

 

Pour aller plus loin : 

- La Grance Ecole du Numérique 

Consultez la liste des formations labellisées ici 


- Publié le : 13 mai 2016 - Partager cet article : Logo Facebook Logo Twitter